Notre société est en crise ! Voilà une vérité assénée au quotidien par les médias et personne ne peut plus l’ignorer. Crise environnementale, crise économique, crise financière, au-delà des
explications complexes des spécialistes, comment y voir plus clair ? Ainsi des fabricants d’automobiles sont acculés à la fermeture parce que les achats de voitures neuves sont en baisse. Mais
acheter une nouvelle voiture, c’est aussi augmenter le taux de gaz carbonique, diminuer les ressources pétrolières, augmenter les embouteillages, se créer des tracas sans fin pour simplement se
garer. Ce simple exemple parmi d’autres montre que la crise économique est certes une crise de la consommation, mais il démontre surtout la fin inéluctable d’un modèle de société. La consommation
de biens matériels a une limite physique qui ne peut pas être indéfiniment repoussée. Nous sommes engagés sur un chemin de prospérité matérielle qui débouche sur un précipice. Persister dans
cette même voie, c’est aller à coup sûr vers la catastrophe écologique, sociale et humaine. Un changement de direction est inévitable ! Mais pour aller où, pour quelle nouvelle société ? Tout
reste à inventer.
Comment en sommes-nous arrivés là ? Notre système économique comporte trois secteurs distincts : le primaire, le secondaire et le tertiaire. Le secteur primaire est le plus ancien, il permet de
satisfaire les besoins de base de toute population : se nourrir, se vêtir, se loger. Au début de l’histoire humaine, il était le seul. Quand les cultivateurs, les pêcheurs et les chasseurs eurent
besoin d’outils plus performants pour assurer leur fonction, des artisans se spécialisèrent dans leur fabrication. Ce fut le début du secteur secondaire. Le secteur tertiaire apparut par la suite
pour satisfaire les besoins d’organisation, commerciaux et financiers de tous ces nouveaux artisans et industriels qui s’en suivirent. Dans l’histoire humaine, ce sont les besoins non satisfaits
qui amènent à la création d’un nouveau secteur économique. Et aujourd’hui, des besoins nouveaux existent qui pourraient justifier la création d’un nouveau secteur économique, le secteur
quaternaire ! Et celui-ci sera porteur de nouveaux emplois.
Les secteurs primaire, secondaire et tertiaire ont merveilleusement réussi pour apporter la satisfaction des besoins vitaux et une aisance de vie matérielle remarquable. Mais ils n’ont apporté ni
le bonheur, ni le bien-être mental, moral et spirituel, parce que tout simplement ce n’est pas leur rôle. Pire encore, ils les ont amplifiés. Ainsi chaque jour en France plus de 3 500 femmes sont
victimes de violence conjugale, plus de 1 600 personnes âgées sont maltraitées et une trentaine de personnes se suicident, la France est championne de la consommation de psychotropes. L’industrie
de la santé est financièrement très prospère mais de nouvelles maladies font leur apparition. « L’homme ne vit pas seulement de pain » disait un certain Jésus. 2 000 ans après, ses paroles se
vérifient : la richesse matérielle est bien présente mais les besoins inassouvis de l’âme et de l’esprit sont énormes. « L’Occident est dépravé » disent les islamistes. Prisonnière de ses
habitudes, notre société n’a pas encore de réponse aux véritables besoins de l’âme et contribue de ce fait au développement du terrorisme international.
Heureusement des personnes et des groupes de différentes origines, loin des projecteurs médiatiques, ont pris la mesure de ces nouveaux besoins. Ces minorités de conviction ont interrogé les
vieux dogmes et ont proposé de nouvelles croyances. Elles ont expérimenté de nouveaux modes de vie. Elles ont recherché de nouvelles voies pour soigner les maux de l’âme et du corps. Elles ont
remis au goût du jour des pratiques ancestrales et ont vérifié leur efficacité. Aujourd’hui, ces pratiques sont de plus en plus utilisées et suscitent l’intérêt de nombreux pays. Ces minorités de
conviction sont des laboratoires où de nouveaux futurs possibles sont expérimentés. Par petites touches, au jour le jour, elles mettent en place un nouveau secteur économique, le secteur
quaternaire. Celui-ci se différencie des secteurs primaire, secondaire et tertiaire par le fait qu’il ne produit pas de biens matériels qui augmentent la pollution de notre planète. Ses
productions sont immatérielles ! Il s’occupe du bien-être physique et mental. Il inclut bien sûr les domaines religieux et spirituels, mais également les domaines de la psychothérapie et du
développement personnel, et les domaines des médecines alternatives et des pratiques préventives de santé. Il a aussi à voir avec la création artistique, un autre moyen de satisfaire ses élans
intérieurs.
En remerciement de leur esprit visionnaire et de leurs actions pour apporter le bonheur de l’âme, les adeptes de l’immobilisme et de la pensée unique ont qualifié ces minorités de conviction de «
sectes dangereuses » et les ont accusées sans preuve de « dérives sectaires ». Mais la réalité est têtue : les besoins de l’âme sont bien réels et des solutions seront trouvées pour les
satisfaire.
Les « anti-sectes » vont continuer de répandre leurs rumeurs infondées. Mais la caravane de l’Histoire conduite par des minorités visionnaires et innovantes continue sa progression,
inexorablement !
Paul Vinel